C’est fait ! Après leurs collègues de l’Assemblée nationale, les sénateurs de l’UMP ont enterré à leur tour le CPE. C’est le moins qu’il leur restait à faire.
Reste l’immense exigence manifestée au cours de ces deux mois de luttes par les jeunes et les salariés " Assez de la précarité ! De cette société là, on n’en veut pas !".
Bien sûr, la victoire n’en est pas moins grande et il serait bien peu clairvoyant de mégoter sur sa portée au prétexte qu’une pièce maîtresse enlevée, le mécanisme à surexploiter continue à fonctionner.
Une étape nouvelle pour les luttes sociales et politiques
Une nouvelle étape s’ouvre pour les luttes et les mobilisations avec des acteurs et des actrices plus forts de leur succès, plus conscients de leurs capacités à se rassembler, à s’organiser et à bouleverser les plans de la droite et du MEDEF. La loi qui établit l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit pour les enfants dès 15 ans, le retrait des allocations familiales pour les familles dont un enfant serait reconnu délinquant, les ordonnances qui ont imposé le CNE frère jumeau du CPE, sont à abattre.
Les grandes orgues de la propagande sont une nouvelle fois déchaînées
La défaite de la droite et du MEDEF est si cuisante que l’on assiste à une campagne politique et médiatique forcenée pour tenter d’en réduire l’impact. Les lycéens, étudiants, salariés sont une nouvelle fois rangés dans la case " conservateurs ", " anti-réforme ", " peureux " quand ce n’est pas " idiots ".
On se rappellera que ces cris d’orfraies sont de même nature que ceux qui avaient accompagné la montée irrésistible du Non au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 et qui avaient succédé à la victoire du Non.
Sarkozy, hussard de l’ultra libéralisme, manœuvre
Et puis on fait donner Le Pen, farouche partisan du CPE, pour éructer contre la rue " ultra minoritaire ", violente et destructrice de la loi. A quoi sert Le Pen ? A faire passer Sarkozy pour un modèle de mesure et de sagesse ? Qui le croira ? Certes, Sarkozy a " sonné la retraite " pour sauver ce qu’il pouvait des lambeaux de sa piteuse armée. Son armée parlementaire auteur du CPE. Il n’en reste pas moins le hussard du libéralisme, plus que jamais décidé à en découdre pour triompher. L’immigration jetable, c’est lui !, La répression musclée, c’est lui ! La casse programmée du code du travail, toujours lui !
Pour un printemps des espoirs populaires !
En ce mois d’avril 2006, la lente venue du printemps s’accorde avec tous les espoirs populaires. Mais il faut y répondre. C’est la responsabilité de la gauche de le faire. Les plans médias de communication sur l’image de tel ou telle personnalité censée incarner l’avenir ne sont que poudre aux yeux.
Il faut que la gauche dise clairement comment elle entend combattre la précarité, comment elle va développer l’emploi, l’école, le logement, les transports, le pouvoir d’achat des salaires, des pensions et retraites, etc. Il faut que la gauche dise où et comment elle trouvera les moyens des avancées sociales indispensables. Le peuple de gauche et la jeunesse veulent la clarté, la précision des engagements pour ne pas revivre les déceptions du passé quand par trois fois la gauche a gouverné et par trois fois elle a déçu.
Les communistes appellent au rassemblement antilibéral dans les luttes et dans les urnes
A l’image de ce qui s’est réalisé le 29 mai, à l’exemple du mouvement anti CPE, un rassemblement puissant, déterminé portant un vrai projet de transformation social est possible. Il est indispensable pour entraîner la gauche tout entière sur la voie d’une politique qui rompt enfin avec les dogmes et les recettes libérales destructrices. Les communistes avancent que pour réussir, un tel rassemblement devrait se traduire par des candidatures à l’image de sa diversité pour les élections législatives de 2007 et pour déjouer le piège à diviser des présidentielles ils proposent une candidature portée en commun par toutes les forces rassemblées. Une candidature qui porte l’exigence du rassemblement antilibéral, qui soit déterminée à tout faire pour battre la droite et que la gauche réussisse. Les communistes proposent que ce soit une candidature issue de leur Parti comme un atout sérieux au service de ce rassemblement. Ils en mettent l’idée en débat. Ils organisent à travers tout le pays les rencontres ouvertes sans exclusives pour que ce débat devienne une affaire véritablement populaire.
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PCF Plessis Robinson